07 5 / 2011
(from my last blog)
GILLES. Quel genre de femme êtes-vous.
LISA. Le vôtre?
GILLES. Je vous le confirme. Chaque phrase me coûte une suée dans les reins, j’ai l’impression d’avoir le cerveau engourdi, tous les symptômes d’un malaise qu’on appelle l’attirance irrésistible.
LISA. Désolée, je n’ai pas de remède.
GILLES. Vous êtes le remède. (Un temps.) Répondez-moi: quel genre de femme êtes-vous? Froide, timide, modérée, libertine, dévergondée? Je veux juste savoir s’il est bon que j’insiste ou pas, si je vous saute dessus - ce dont j’ai très envie - ou si je me tiens à distance. Bref, quel genre de femme êtes-vous signifie : Etes-vous du genre à coucher le premier soir?
LISA. A votre avis?
GILLES. Moi je suis du genre à coucher le premier soir.
LISA. Quel homme ne l’est pas?
GILLES. Et vous?
LISA. Je ne suis pas ce genre d’homme-là.
GILLES. Vous n’en avez pas envie?
LISA. Si.
GILLES. Je vois. Vous refusez uniquement pour que, plus tard, lors d’une scène, je ne puisse pas vous reprocher d’être une femme facile qui se donne au premier venu.
LISA. Vous nous imaginez un avenir ravissant.
Eric-Emmanuel Schmitt